Mon entreprise, construite seul avec des agents IA
Cinq ans chez Avanade à faire adopter des outils, puis une entreprise à mener seul. Comment l’IA a remplacé une équipe, et ce que cela m’a appris sur l’adoption.
En 2023, j’ai lancé ma propre entreprise de formation et de produits numériques. Fin 2023, j’ai quitté Avanade, après cinq ans à faire adopter des outils par les équipes de grands clients. Il n’y avait plus de DSI, plus de développeurs, plus de PMO. Le produit, les ventes, les fournisseurs et le budget reposaient sur une seule personne.
L’équipe qui n’existait pas
Une petite entreprise a besoin de ce qu’une équipe projet fournit d’habitude : un site, un catalogue, des paiements, des réservations, des formulaires, des automatisations. J’ai tout construit seul, avec des agents de code IA et des services standards : Cloudflare pour l’hébergement, Stripe et GoCardless pour les paiements, Cal.com pour les rendez-vous, Tally pour les formulaires, Make et Zoho pour les automatisations.
Le site que vous lisez est fait de la même façon : près de 50 pages en français et en anglais, un score Lighthouse de 100 sur mobile, aucune équipe technique.
Ce qu’Avanade m’avait appris
L’IA ne m’a pas dispensé du travail de chef de projet. Elle l’a rendu indispensable. Chez Enedis, comme Product Owner délégué d’une application de 2 500 utilisateurs, j’écrivais des user stories et des critères d’acceptation, puis chaque version passait en recette avant la mise en production.
Avec un agent de code, la discipline est la même. Je décris le résultat attendu et la façon de le vérifier avant le premier prompt. Je découpe en petites livraisons. Je teste chacune avant de passer à la suivante. Un agent produit vite quelque chose de plausible ; sans critères écrits, impossible de savoir si c’est juste. J’ai détaillé cette méthode dans un article sur la définition du « terminé ».
Former, puis vérifier
Dans cette entreprise, j’ai aussi formé près de 40 professionnels en individuel et créé un cours en ligne payant pour une plateforme de formation britannique. Cela confirme ce que je voyais déjà en mission. On apprend un outil en l’utilisant sur son propre travail, pas en regardant une démonstration.
Ce que j’en retiens pour vos équipes
Je me sers de l’IA chaque jour pour livrer, pas pour expérimenter. Avec les équipes à qui l’on déploie Copilot ou ChatGPT, je pars de leurs tâches réelles, je définis avec elles ce qu’est un bon résultat, puis je mesure si l’outil sert.
J’ai récemment analysé 146 offres d’emploi françaises sur l’adoption de l’IA. 63 demandent de former les utilisateurs ; 17 seulement disent comment mesurer l’usage. Ce sont ces 17 qui m’intéressent, et c’est le travail que je propose avec les missions ALGS.
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